Le langage des fleurs : dictionnaire de B à D

Le langage des fleurs : dictionnaire de B à D

Beauté capricieuse, bienveillance, bonne éducation, consolation, convivialité, déclaration d’amour, délicatesse et désir… Des mots qui nous parlent lorsque l’on cherche à exprimer certains de nos sentiments. Découvrez dans cet article les fleurs associées à ces termes, avec leurs origines et leurs distinctions bien particulières ! Rien n’est dû au hasard…


Beauté capricieuse

Rose musquée

rose musquée

La Rose musquée plait par son odeur fine et musquée. Du reste, toute la plante semble pleine de caprices, elle languit tout à coup dans les expositions qui d’abord lui paraissaient les plus favorables. Une année elle se charge de bouquets innombrables ; l’année suivante elle ne fleurit pas.

Bienveillance

Jacinthe

jacinthe

On a fait de la Jacinthe, l’emblème de la bienveillance, sans doute à cause de sa douce odeur et de son aspect agréable.

Bonne éducation

Cerisier

cerisier

On croit ordinairement que le Cerisier, originaire de Céraste, ville du royaume du Pont, a été apporté à Rome par Lucullus ; cependant nos forêts ont toujours produit naturellement différentes espèces de Cerisiers qui ne demandent qu’une bonne éducation pour changer leurs fruits secs et amers en ces baies charmantes qui font l’ornement de nos campagnes, celui de nos desserts, et surtout la joie du peuple et de nos petits enfants.

Consolation

Coquelicot

coquelicot

Le Coquelicot des champs renferme dans son sein empourpré un baume précieux, qui calme la douleur et endort le chagrin. Les anciens, qui regardaient le sommeil comme le grand guérisseur, le grand consolateur du monde, lui avaient donné pour tout ornement une couronne de coquelicots.

Convivialité

Hortensia

A l’origine, l’hortensia représentait la froideur. On l’offrait aux femmes coquettes mais sans grâce et sans esprit ; celles qui cherchaient à plaire uniquement grâce à leur toilette. Mais cette fleur magnifique fut tellement appréciée par son volume et ses couleurs tantôt blanc, pourpre, violet, rose, vert et bleu ; qu’elle a fini par trouver sa place dans beaucoup d’intérieurs ! Comme nous aimons recevoir famille et amis chez nous, nous préférons lui donner désormais le symbole de la convivialité que celui de la froideur !

Déclaration d’amour

Tulipe

tulipe

Sur les rives du Bosphore, la tulipe est l’emblème de l’inconstance ; mais elle est aussi celui du plus violent amour. Telle que la nature la fait croître aux champs de Byzance, avec ses pétales de feu et son cœur brûlé, elle va dire, malgré les grilles et les verrous, à la beauté captive, qu’un amant soupire pour elle, et que, si elle daigne se montrer un moment, sa vue mettra son visage en feu et son cœur en charbon. Ainsi un jeune homme naïf, sortant des mains de la nature, présente un hommage sans fard ; bientôt façonné par le monde, comme la tulipe par les mains du jardinier, il sera plus aimable, plus enjoué, il saura plaire, il aura cessé d’aimer.

La tulipe, sous le nom de tulipe, ou de turban, coiffait le front des Turcs, qui adoraient sa fleur et qui en ont fait l’emblème de l’amour. Idolâtres de sa tige élégante et du beau vase qui la couronne, ils ne peuvent se lasser d’admirer les panaches d’or, d’argent, de pourpre, de lilas, de violet, de rouge foncé, de rose tendre, de jaune, de brun, de blanc, et de tant d’autres nuances qui se jouent, se marient, se rejoignent, se séparent sur ces riches pétales sans jamais s’y confondre.

Dès les premiers jours du printemps, on célèbre, dans le sérail du Grand Seigneur, la fête des tulipes. On dresse des échafauds, on prépare de longues galeries, on y place des gradins en amphithéâtre, on les recouvre des plus riches tapis, et bientôt ils sont chargés d’un nombre infini de vases de cristal, couronnés des plus belles tulipes du monde. Le soir venu, tout s’illumine ; les bougies répandent les odeurs les plus exquises, des lampions de couleurs brillent de tous côtés comme des guirlandes d’opales, d’émeraudes, de saphirs, de diamants et de rubis ; une quantité prodigieuse d’oiseaux renfermés dans des cages d’or tous éveillés par ce spectacle, confondent leur ramage avec les mélodieux accords des instruments que touchent d’invisibles musiciens ; une pluie d’eau rose rafraîchit les airs ; les portes s’ouvrent, et les jeunes odalisques viennent mêler l’éclat de leurs charmes et de leur parure à celui de cette fête enchantée.

Les tulipes ont aussi leurs adorateurs en Europe. Ce fut depuis 1644 jusqu’à 1647 que la tulipomanie exerça son influence en Hollande. Dans ces années, les tulipes y montèrent à des prix énormes, et enrichirent beaucoup de spéculateurs. Les fleuristes estimaient surtout quelques espèces, auxquelles ils donnaient des noms particuliers. L’espèce la plus précieuse était celle qu’on nommait augustes ; on l’évaluait à deux mille florins ; on prétendait qu’elle était si rare, qu’il n’existait que deux fleurs de cette espèce, l’une à Harlem, l’autre à Amsterdam. Un particulier, pour en avoir une, offrit quatre mille six cents florins, avec une belle voiture attelée de deux chevaux et tous les accessoires ; un autre céda pour un oignon douze arpents de terre.

La passion pour les tulipes tournait la tête à tout le monde. Ceux qui ne pouvaient s’en procurer faute d’argent comptant en acquéraient par un échange de terres et de maisons. Les fleuristes et d’autres particuliers qui se mêlaient de la culture des fleurs firent en très-peu de temps une fortune immense ; dès lors toute les classes de la société voulurent faire le commerce des tulipes ; un parterre de tulipes était le plus grand trésor qu’on pût avoir, et valait autant que le plus magnifique château.

On raconte qu’un matelot ayant apporté des marchandises à un négociant qui cultivait des tulipes pour ses spéculations, reçut de celui-ci pour déjeuner un hareng, avec lequel le matelot s’en alla : en chemin, il vit des oignons dans le jardin ; et, croyant que c’étaient des oignons communs, il les mangea tranquillement avec son hareng. Dans ce moment le négociant arriva, et s’écria dans son désespoir : « Malheureux, ton déjeuner m’a ruiné; j’en aurais pu régaler un roi ! »

Le long de ce lac dont l’eau argentée reflète un ciel sans nuages, voyez-vous ces grappes aussi blanches que la neige ? Une teinte rose colore légèrement le revers de ces belles fleurs, et une touffe de filaments d’une grande délicatesse et d’une blancheur éblouissante s’échappe de ces coupes d’albâtre. Aucune expression ne peut rendre l’élégance de cette plante. Mais, pour ne jamais l’oublier, il suffit de l’avoir vue une seule fois se balancer mollement sur le bord des eaux, dont elle semble augmenter la transparence et la fraîcheur. Le ményanthe ne fleurit jamais pendant les jours orageux, il lui faut du calme pour s’épanouir ; mais ce calme dont il jouit, il semble le répandre autour de lui.

Délicatesse

Bluet

bluet

Le beau bleu de cette fleur, qui ressemble à celui d’un ciel sans nuages, est l’emblème d’un sentiment tendre et délicat qui se nourrit d’espérance.

Désir

Jonquille

jonquille

La Jonquille, qui nous est venue de Constantinople, était chez les Turcs, l’emblème du Désir.

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