Le langage des fleurs : dictionnaire de E à I

Le langage des fleurs : dictionnaire de E à I

Enfance, fécondité, félicité, festin, fidélité, fierté, finesse, galanterie, hospitalité, immortalité, innocence, inspiration… Des mots qui nous parlent lorsque l’on cherche à exprimer certains de nos sentiments. Découvrez dans cet article les fleurs associées à ces termes, avec leurs origines et leurs distinctions bien particulières ! Rien n’est dû au hasard…

Enfance

Œillet mignardise

oeillet

La délicatesse de ce joli œillet, l’abondance de ses fleurs, sa douce odeur; le peu de prix qu’on attache à ses perfections. son nom même, tout en lui semble destiné à l’enfance, qui s’en fait des parures et des jouets.

Fécondité

Rose trémière

rose trémière
Tout le monde connaît cette superbe plante originaire de la Chine, ou plutôt de la Syrie, d’où elle nous fut apportée au temps des croisades. Le grand nombre de ses fleurs l’a fait prendre pour l’emblème de la Fécondité ; les Chinois représentent la nature couronnée de ses fleurs, dont le nom signifiait chez les Grecs : Puissance et Vertu.

Félicité

Centaurée

centaurée
Dans les slams de l’Orient, cette jolie Centaurée, originaire de Turquie, signifie bonheur suprême.
 
Festin

Persil

persil
 
Le persil était en grande réputation chez les Grecs. Dans les banquets, ils couronnaient leurs fronts de ses légers rameaux, qu’ils croyaient propres à exciter la gaieté et l’appétit. A Rome, dans les jeux Isthmiques, les vainqueurs étaient couronnés de persil. On croyait cette plante originaire de la Sardaigne, parce que cette province est représentée sur les médailles anciennes sous la forme d’une femme auprès de laquelle est un vase d’où sort un bouquet de persil ; mais cette plante est naturelle à tous les lieux frais et ombragés de la Grèce, et même à nos provinces du midi.
 
Guy de la Brosse prétend qu’elle croît aussi auprès de Paris, sur le mont Valérien ; mais il est présumable que la plante qu’il désigne sous ce nom n’est pas le véritable persil, puisqu’on attribue à Rabelais son introduction en France, et que, s’il faut en croire les érudits, il le rapporta de Rome avec la laitue romaine ; si cela est, ce bel esprit aurait bien fait d’attacher son nom à ces modestes présents. Le Rabelais, comme la reine Claude, eût été célébré par les gourmands de tous les âges.
 
Quoi qu’il en soit, la belle verdure de cette plante relève la propreté et l’élégance des mets qu’elle environne : elle est le luxe du pot-au-feu ; elle contribue à l’agrément des plus beaux dîners. Une branche de laurier et une couronne de persil sont les attributs qui conviendraient chez nous au dieu des festins. Ces plantes, le laurier surtout, ont servi à de plus nobles usages ; mais, dans le siècle des gastronomes, il ne faut pas rappeler ce qui se faisait au siècle des héros.

Fidélité

Véronique

véronique
Il y a plus de cent espèces de véroniques : toutes ont des fleurs bleues et des fruits en cœur. Leur nom grec peut se traduire par ces mots : image fidèle.
 

Fierté

Amaryllis

 
amaryllis

Nos jardiniers disent que les Amaryllis, dont on compte un grand nombre de variétés, sont des plantes fières, parce que souvent elles refusent des fleurs à leurs soins empressés, et cela est bien dommage, surtout pour le lis de Guernesey, fleur charmante qui ressemble, pour le port et pour les dimensions, à la Tubéreuse. Le nom de ces belles plantes vient du verbe grec amarusso, qui signifie je brille.

Finesse

Œillet de poète

oeillet de poète

L’œillet de poète si éclatant par ses belles touffes, est dans toutes ses parties d’une finesse et d’une délicatesse exquises.

Galanterie

Bouquet

bouquet

On ne peut rien offrir de plus galant qu’un bouquet, ce don, qui peut être magnifique, est cependant de peu de valeurs mais il est toujours la preuve d’une attention aimable et d’un soin délicat.

Hospitalité

Chêne

chêne

Les anciens croyaient que le chêne, né avec la terre, avait offert aux premiers hommes et la nourriture et un abri. Cet arbre consacré à Jupiter ombrageait le berceau de ce dieu, lorsqu’il prit naissance en Arcadie, sur le mont Lycée. La couronne de chêne, moins estimée par les Grecs que la couronne d’or, paraissait aux Romains la plus désirable des récompenses. Pour l’obtenir il fallait être citoyen, avoir tué un ennemi, reconquis un champ de bataille, ou sauvé la vie à un Romain. Scipion l’Africain refusa la couronne civique, après avoir sauvé son père à la journée de Trémie ; il refusa cette couronne, car son action portait en elle-même sa récompense.

En Épire, les chênes de Dodo ne rendaient des oracles ; ceux des Gaules couvraient les mystères des druides. Les Celtes adoraient cet arbre ; il était pour eux l’emblème de l’hospitalité, vertu qui leur fut si chère, qu’après le titre de brave celui d’ami et d’étranger était à leur yeux le plus beau des titres. Les Hamadryades, les fées et les génies n’enchantent plus nos sombres forêts ; mais l’aspect d’un chêne majestueux nous remplit encore d’admiration, de respect et de crainte.

Plein de jeunesse et de force, lorsqu’il élève sa tête altière, et qu’il étend ses bras immenses, il paraît comme un protecteur, comme un roi. Dépouillé de verdure, immobile, frappé de la foudre, il ressemble au vieillard qui a vécu dans les siècles passés, et qui ne prend plus part aux agitations de la vie. Les vents impétueux luttent quelquefois contre ce fier athlète : d’abord il murmure, mais bientôt un bruit sourd, profond, mélancolique, sort de ses robustes rameaux. On écoute, et on croit entendre une voix confuse et mystérieuse qui explique les vieilles superstitions du monde.

En Angleterre, on a vu un seul chêne couvrir de son ombre plus de quatre mille soldats ; dans le même pays, auprès de le chêne royal, encore tout verdoyant, rappelle les malheurs de Charles II, fugitif au milieu de son royaume. Ce prince trouva un abri, un sauveur, mais son père n’en trouva point. A Paris, c’est dans le bois de Vincennes, qu’il y avait une place occupée jadis par le chêne sous lequel saint Louis, semblable à un tendre père, venait s’asseoir pour rendre la justice à son peuple.

Immortalité

Amarante et Gomphrena

amarante

L’amarante est le dernier présent de l’automne. Les anciens avaient associé cette fleur aux honneurs suprêmes, en en parant le front des dieux. Quelquefois les ont mêlé son éclat au triste et noir cyprès, voulant exprimer ainsi que leurs regrets étaient attachés à d’immortels souvenirs. Homère dit qu’aux funérailles d’Achille les Thessalie se présentèrent la tête couronnée d’amarante.

L’amour et l’amitié se sont aussi parés d’amarante. Dans la Guirlande de Julie, on trouve ce quatrain :

Je suis la fleur d’amour qu’amarante on appelle,
Et qui viens de Julie adorer les beaux yeux.
Rosés, retirez-vous : j’ai le nom d’immortelle,
Il n’appartient qu’à moi de couronner les dieux.

La reine Christine de Suède, qui voulut s’immortaliser en renonçant au trône pour cultiver les lettres et la philosophie, institua l’ordre des chevaliers de l’amarante. La décoration de cet ordre est une d’or enrichie d’une fleur d’amarante en émail, avec ces mots :

Dolce armoria [en sa douce mémoire).

Dans les jeux floraux, à Toulouse, le prix des plus beaux chants lyriques est une amarante d’or. Clémence Isaure en avait fait l’emblème de l’immortalité.

Innocence

Petite Marguerite

marguerite

Mal vina, penchée sur le tombeau de Final, pleurait le vaillant Oscar, et un fils d’Oscar, mort avant d’avoir vu le jour. Les vierges de Morven pour suspendre sa douleur, erraient souvent autour d’elle, en célébrant, par leurs chants, la mort du brave et celle du nouveau-né. Le brave est tombé, disaient-elles. il est tombé! et le bruit de ses armes a retenti dans la plaine ; la maladie, qui ôte le courage ; la vieillesse, qui déshonore les héros, ne sauraient plus l’atteindre ; il est tombé! et le bruit de ses armes a retenti dans la plaine.

Reçu dans le palais des nuages où habitent ses ancêtres, il boit avec eux la coupe de l’immortalité. O fille d’Oscar! sèche les larmes de ta douleur ; le brave est tombé ! il est tombé ! et le bruit de ses armes a retenti dans la plaine. Puis, d’une voix plus douce, elles lui disaient encore : L’enfant, qui n’a pas vu la lumière n’a pas connu l’amertume de la vie; sa jeune âme, portée sur des ailes brillantes, arrive avec la diligente aurore dans le palais du jour. Les âmes des enfants qui ont, ainsi que lui, rompu sans douleur les entraves de la vie, penchées sur des nuages d’or, se présentent et lui ouvrent les portes mystérieuses de l’atelier des fleurs.

Là, cette troupe innocente, ignorant le mal. s’occupe éternellement à renfermer, dans d’imperceptibles germes, les fleurs que chaque printemps doit faire éclore : tous les matins, cette jeune milice vient répandre ces germes sur la terre avec les pleurs de l’aurore ; des millions de mains délicates renferment la rose dans son bouton, le grain de blé dans ses enveloppes, les vastes rameaux d’un chêne dans un seul gland, et, quelquefois, une forêt entière dans une semence invisible.

Nous l’avons vu, ô Mal vina nous l’avons vu, l’enfant que tu regrettes, bercé sur un léger brouillard ; il s’est approché de nous, et a versé sur nos champs une moisson de fleurs nouvelles.

Regarde, Mal vina parmi ces fleurs, on en distingue une au disque d’or, environnée de lames d’argent ; une douce nuance de pourpre embellit ses rayons délicats ; balancée dans l’herbe par une brise légère, on dirait un petit enfant qui se joue dans la verte prairie.

Sèche tes larmes, ô Mal vina le brave est mort couvert de ses armes, et la fleur de ton sein a donné une fleur nouvelle aux collines du Cromla. La douceur de ces chants suspendit la douleur de Mal vina; elle prit sa harpe d’or, et répéta l’hymne du nouveau-né. Depuis ce jour, les filles de Morven ont consacré la petite marguerite à la première enfance ; c’est, disent-elles, la fleur de l’innocence, la fleur du nouveau-né.

Inspiration

Angélique

angélique

Cette belle plante, qui croît dans les régions les plus reculées du Nord, servait de couronne aux poètes lapons, qui se croyaient inspirés par sa douce odeur.

 

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