Le langage des fleurs : dictionnaire de J à P

Le langage des fleurs : dictionnaire de J à P

“Je surmonte tout”, jeu, jeunesse, “j’y songerai”, légèreté, longévité, majestuosité, message, modestie, “ne m’oubliez pas”, paix, préférence, première émotion d’amour et profit… Des mots et expressions qui nous parlent lorsque l’on cherche à exprimer certains de nos sentiments. Découvrez dans cet article les fleurs associées à ces termes, avec leurs origines et leurs distinctions bien particulières ! Rien n’est dû au hasard…

Je surmonte tout

Gui

gui

Le gui est un petit arbuste qui croît au sommet des plus grands arbres ; le chêne superbe devient son esclave, et le nourrit de sa propre substance. Les Druides avaient une espèce d’adoration pour une faiblesse si supérieure à la force ; le tyran du chêne leur paraissait également redoutable aux hommes et aux dieux. Voici ce qu’ils contaient pour appuyer cette opinion :

Un jour Bander dit à sa mère Friga qu’il avait songé qu’il mourrait. Friga conjura le feu, les métaux, les maladies, l’eau, les animaux, les serpents, de ne faire aucun mal à son fils, et les conjurations de Friga étaient si puissantes, que rien ne pouvait leur résister. Bander allait donc dans les combats des dieux, au milieu des traits, sans rien craindre. Loke son ennemi, voulut en savoir la raison ; il prit la forme d’une vieille, et vint trouver Friga. Il lui dit : « Dans les combats, les traits et les rochers tombent sur votre fils Bander sans lui faire de mal. — Je le crois bien, dit Friga, toutes ces choses me l’ont juré; il n’y a rien dans la nature qui puisse l’offenser : j’ai obtenu cette grâce de tout ce qui a quelque puissance ; il n’y a qu’un petit arbuste à qui je ne l’ai pas demandée, parce qu’il m’a paru trop faible ; il était sur l’écorce du chêne, à peine avait-il une racine ; il vivait sans terre; il s’appelle mistiltein. C’était le gui.

Ainsi parla Friga. Loke aussitôt courut chercher cet arbuste ; et, venant à l’assemblée des dieux pendant qu’ils combattaient contre l’invulnérable Bander, car leurs jeux sont des combats, il s’approcha de l’aveugle Heder : « Pourquoi, lui dit-il, ne lances-tu pas aussi des traits à Bander? — Je suis aveugle, répondit Heder et je n’ai point d’armes. » Loke lui présente le gui de chêne, et lui dit : « Bander est devant toi. » L’aveugle Heder lance le gui ; Bander tombe percé et sans vie. Ainsi le fils invulnérable d’une déesse fut tué par une branche de gui lancée par un aveugle. Telle est l’origine du respect porté dans les Gaules à cet arbrisseau.

Jeu

Jacinthe

jacinthe

Ce fut en jouant au palet sur les bords du fleuve Amphrise qu’Apollon tua le bel Hyacinthe. Ne pouvant le rappeler à la vie, le dieu le métamorphosa en la fleur qui porte son nom.

Jeunesse

Lilas blanc

lilas

Par la pureté et par le peu de durée de ses beaux thyrses, le lilas blanc est le symbole de la jeunesse, de ce bien rapide et charmant que tous les trésors du monde ne sauraient racheter.

J’y songerai

Marguerite

marguerite

Au temps de la chevalerie, lorsqu’une dame ne voulait ni accepter ni rejeter les vœux d’un requérant d’amoureuse merci, le ornait son front d’une couronne de blanches Marguerites : cela voulait dire : J’y songerai.

Légèreté

Pied d’alouette

pied d'alouette

La fleur du Pied d’Alouette doit son nom à la forme singulière de ses gousses, sur lesquelles on distingue les articulations et les phalanges d’un pied d’oiseau.

Longévité

Magnolia

magnolia

On pense que l’arbre de magnolia fut l’une des premières plantes à fleurs à évoluer sur Terre. Selon l’association « San Francisco Botanical Garden Society », des restes fossiles montrent que les magnolias vivaient sur terre il y a plus de 100 millions d’années ! Leurs fleurs servaient peut-être de dessert aux dinosaures, après un repas de végétaux coriaces, qui sait ?

Majestuosité

Lys

lys

Il est le roi des fleurs dont la rose est la reine. Du milieu d’une touffe de longues feuilles qui, en se développant, se renversent et se pressent les unes sur les autres, comme pour former un trône circulaire de verdure, on voit s’élancer une tige élégante et superbe, qui se termine par une grappe de longs boutons d’un vert doux et luisant. Le temps insensiblement gonfle et blanchit les boutons de cette belle grappe, et, vers le milieu de juin, ils s’inclinent et se déploient en six pétales d’une blancheur étincelante.

Leur réunion forme ces vases admirables, où la nature s’est plu à renfermer des étamines d’or, qui versent des flots de parfums. Ces belles fleurs, clonées autour de leur haute tige, semblent demander et obtenir les hommages de toute la nature ; mais le lis, malgré ses charmes, a besoin d’une cour pour paraître dans tout son éclat. Seul, il semble froid et comme délaissé ; environné de mille autres fleurs, il les efface toutes : c’est un roi; sa grâce, c’est la majesté. On ne trouve nulle part, chez nous, le lis primitif : il nous vient de la Syrie ; jadis il para les autels du dieu d’Israël et couronna le front de Salomon ; mais il règne dans nos jardins depuis un temps immémorial.

Charlemagne voulait qu’il partageât, avec la rose, la gloire de parfumer ses jardins, et, s’il faut en croire les antiques récits de nos aïeux, le vaillant Clovis reçut un lis céleste le jour où la victoire et la foi lui furent données. Louis VII, dans les fleurs du lis, trouvait le triple symbole de sa beauté, de son nom et de sa puissance : il les plaça sur son écu, sur son sceau et sur sa monnaie. Philippe-Auguste en sema son étendard. Saint Louis portait une bague représentant, en émail et en relief, une guirlande de lis et de marguerites, et sur le chaton de l’anneau était gravé un crucifix. Cet anneau offrait à ce monarque pieux l’emblème de tout ce qu’il avait de plus cher : la religion, la France et son épouse. Ce fut aussi une idée religieuse qui engagea Charles V à fixer à trois le nombre des fleurs de lis ; depuis son règne, ce nombre n’a plus varié ; mais, si le lis céleste brilla depuis Clovis-sur le manteau et sur l’écusson de nos rois, il donna aussi sa couleur à l’étendard de nos guerriers. Le panache de Henri IV, qui conduisit toujours les Français à la victoire, était blanc comme un lis : il était l’image d’une âme pure et d’une gloire sans tache.

Message

Iris

iris

On compte plus de trente espèces d’Iris, tant à bulbes qu’à racines ; leurs couleurs éclatantes et variées comme celles de l’arc-en-ciel ont mérité à ces fleurs le nom de la messagère des dieux. On sait que la belle Iris n’était jamais porteuse que de bonnes nouvelles.

Modestie

Violette

violette

La violette symbolise la modestie, l’humilité, ou bien encore, un amour secret. Offrir un bouquet de violettes est un geste empli d’humilité, qui rappelle la discrétion de cette petite fleur sauvage.

Ne m’oubliez pas

Myosotis

myosotis

Je n’ai vu nulle part les myosotis palustres aussi beaux et un aussi grande abondance que sur les bord d’un ruisseau aux environs du Luxembourg. Les villageois appellent ce ruisseau Le bain des fées ou La cascade du chêne enchanté. Ces deux noms lui viennent sans doute de la beauté de sa source qui s’échappe, en murmurant, du pied d’un chêne aussi vieux que le monde. Les eaux de ce ruisseau bondissent d’abord de cascade en cascade, sous une longue route de verdure, qu’elle n’abandonnent que pour couler lentement dans une vaste prairie, là, elles apparaissent à l’oeil enchanté comme un long filet d’argent.

La rive la plus exposée au midi est seule couverte d’une épaisse bordure de myosotis ; les jolies fleurs de cette plante brillent, au mois de juillet, d’un bleu semblable à celui du ciel. Elle se penchent alors comme si elles prenaient plaisir à se murer dans le cristal de cette eau, dont rien n’égale la pureté. Souvent les jeunes filles descendent des remparts de la ville, et viennent aux jours de fêtes danser sur les bords de ce ruisseau. En les voyant couronnées des fleurs qu’il arrose, on les prendrait pour autant de nymphes qui célèbrent des jeux en l’honneur de la naïade du chêne enchanté.

L’auteur des Lettres à Sophie dit que le myosotis eût été chez les anciens le sujet d’une touchante métamorphose, peut-être moins touchante que la vérité. “J’ai entendu raconter en Allemagne – ajoute-t-il – que dans les temps anciens, deux jeunes amants, à la veille de s’unir, se promenaient sur les bords du Danube ; une fleur d’un bleu céleste se balance sur les vagues, qui semblent prêtes à l’entraîner, la jeune fille admire son éclat et plaint sa destinée.

Aussitôt l’amant se précipite saisit la tige fleurie et tombe englouti dans les flots. On dit que par un dernier effort il jeta cette fleur sur le rivage, et qu’au moment de disparaître pour jamais, il s’écriait encore :

Aimez- moi, ne m’oubliez pas.

Pour exprimer l’amour, ces fleurs semblent éclorent ;
Leur langage est un mot mais il est plein d’appas
Dans la main des amants elles disent encore
Aimez-moi, ne m’oubliez pas.”

Paix

Olivier

olivier

La paix, la sagesse, la concorde, la douceur, la clémence, la joie et les grâces se couronnent de feuilles d’olivier. La Colombe envoyée par Noé, rapporta dans l’arche, une branche d’olivier ; le symbole de la paix que le ciel venait d’accorder à la terre.

Préférence

Géranium

geranium

On compte plus de 100 espèces de géranium ; il y en a des tristes, de brillants, des parfumés, d’inodores. Celui à odeur de rose se distingue par la douceur de ses feuilles, sa douce odeur, et la beauté de ses fleurs purpurines.

Première émotion d’amour

Lilas

lilas

On a consacré le lilas aux premières émotions d’amour, parce que rien n’a plus de charmes que l’aspect de ce gracieux arbuste, au retour du printemps. En effet, la fraîcheur de sa verdure, la flexibilité de ses rameaux, l’abondance de ses fleurs, leur beauté si courte, si passagère, leur couleur si tendre et si variée, tout en lui rappelle ces émotions célestes qui embellissent la beauté, et prêtent à l’adolescence une grâce divine.

L’Albane n’a jamais pu fondre, sur la palette que lui avait confiée l’Amour, des couleurs assez douces, assez fraîches, assez suaves, pour rendre le velouté, la délicatesse et la douceur des teintes légères qui colorent le front de la première jeunesse. Ainsi Van Spaedonck lui-même laisse tomber son pinceau devant une grappe de lilas.

La nature semble avoir pris plaisir à faire de chacune de ces grappes un massif, dont toutes les parties étonnent par leur délicatesse et leur variété. La dégradation de la couleur, depuis le bouton purpurin jusqu’à la fleur qui se décolore, est le moindre attrait duces groupes charmants, autour desquels la lumière se joue et se décompose en mille nuances qui, toutes, venant à se confondre dans la même teinte, forment cette heureuse harmonie qui désespère le peintre et confond l’observateur.

Quel travail immense de la nature a entrepris, pour produire ce faible arbuste qui ne semble fait que pour le plaisir des sens ! Quelle réunion de parfum, de fraîcheur, de grâces, de délicatesse, quelle variété de détails, quelle beauté d’ensemble ! Ah, sans doute, dès l’origine des choses, la Providence l’avait destiné à être le lien qui unirait un jour l’Europe à l’Asie. Le lilas, que le voyageur Busbeck nous apporta de la Perse, croit maintenant sur les montagnes de la Suisse et dans les forêts de l’Allemagne.

Profit

Chou

chou

Autrefois à Rome le campagne étaient couvertes de choux ; ceux qui se livraient à cette culture en retiraient des profits immenses ; c’est peut-être de là que nous est venue cette façon proverbiale de nous exprimer quand nous disons qu’une personne fait ses choux gras, pour faire entendre qu’elle gère bien ses affaires et que tout tourne à son profit.

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