Le langage des fleurs : dictionnaire de R à V

Le langage des fleurs : dictionnaire de R à V

Reconnaissance, richesse, silence, simplicité, solitude, sommeil, “ta présence me ranime”, “tu es brillant.e”, “tu es parfait.e” et vitalité… Des mots et expressions qui nous parlent lorsque l’on cherche à exprimer certains de nos sentiments. Découvrez dans cet article les fleurs associées à ces termes, avec leurs origines et leurs distinctions bien particulières ! Rien n’est dû au hasard…

Reconnaissance

Dahlia

dahlia

Cette plante vient du Mexique, où l’on en mangeait ses racines cuites sous la cendre. Dès le commencement du 17ème siècle, on la cultivait en France comme plante alimentaire. Toutefois elle ne tarda pas à être rejetée à cause du goût trop aromatique de ses racines ; mais cette disgrâce fit sa fortune, car elle ne disparut de nos potagers que pour entrer dans nos jardins.

Frappés de l’abondance et de l’élévation de ses tiges, du charnu de son feuillage, d’un vert sombre et doux, si propre à faire ressortir l’éclat de ses fleurs simples alors, mais toutes brillantes de leur disque d’or et de leurs pétales de velours violet et empourpré, les botanistes se mirent à la cultiver.

D’abord ils l’introduisirent dans la serre tempérée et lui prodiguèrent l’air, l’eau et une chaleur savamment ménagée. C’est ainsi qu’ils accoutumèrent peu à peu la plante à donner ses fleur pendant neuf mois de l’année, depuis le commencement de juillet jusqu’à la fin de février.

Mais, ô prodige ! Bientôt on s’aperçut que non-seulement le dahlia reconnaissant variait se couleurs à l’infini, mais encore qu’il doublait, triplait, quadruplait les pétales de sa couronne, en en variant toujours les nuances et les formes, de manière à emprunter tantôt à la rose son aspect, tantôt à l’oeillet ses panaches, tantôt aux riches pivoines leur luxe et leur éclat.

Le cultivateur attentif reconnut aussi qu’il pouvait à son gré élever ou abréger les tiges de cette belle plante, les réduire à trois pieds de hauteur, ou les élancer jusqu’à dix, de manière à orner avec un égal avantage les massifs de nos corbeilles et les bosquets de nos jardins.

Mais qui dira jamais la variété infinie des couleurs sombres, riches, splendides, éblouissantes dont se revêtent ces belles fleurs. Qui jamais exprimera la variété charmante de leurs nuances délicates, pures et vives ! Qui dira l’agrément qui résulte de toutes ces couleurs fondues, heurtées, variées à l’infini ! Quel luxe et quelle richesse ! Quels aimables caprices. La robe blanche de celle-ci apparaît toute sablée de corail et de pourpre ; la robe pourpre de celle-là est bariolée d’or et d’argent ; il y en a sur les rayons desquelles se marie le blanc le plus pur, l’incarnat le plus foncé ; d’autre, dont les pétales sont lisérés des plus riches couleurs de l’aurore ; d’autres dont le coeur lance des flammes ; quelques-unes ont les teintes carminées de la rose.

L’écharpe d’Iris pâlit auprès des riches guirlandes que l’art peut emprunter à une seule fleur, fleur si belle qu’à elle seule elle varie et enrichit tout un parterre.

Ainsi le dahlia, venu du Mexique, s’est embelli par la culture sous le climat de Paris ; de là il s’est répandu en Hollande, où il forme ces plates-bandes si pittoresques composées d’une seule fleur. Puis il est entré dans les petits états d’Allemagne, dont il orne les places publiques, les fontaines et les tombeaux. Aujourd’hui on le trouve partout.

Le dahlia est consacré à la reconnaissance ; s’il avait de doux parfums, il le serait à l’amour.

Richesse

Blé

blé

Au 19ème siècle, les botanistes assurent qu’on ne trouve nulle part le blé dans son état primitif. Cette plante semble avoir été confiée par la Providence, aux soins de l’Homme, avec l’usage du feu, pour lui assurer le sceptre de la terre. Avec le blé et le feu, on peut se passer de tous les autres biens, on peut aussi les acquérir. L’homme, avec le blé seul, peut nourrir tous les animaux domestiques qui soutiennent sa vie et partagent ses travaux : le porc, la poule, le canard, le pigeon, l’âne, la brebis, la chèvre, le cheval, la vache, le chat et le chien, qui, par une métamorphose merveilleuse, lui rendent en retour des oeufs, du lait, du lard, de la laine, des services, des affections et de la reconnaissance. Le blé est le premier lien des sociétés parce que sa culture et sa préparation exigent de grands travaux et des services mutuels, aussi les anciens avaient-ils appelé la bonne Cérès législatrice.

Un Arabe égaré dans le désert, n’avait pas mangé depuis deux jours ; il se voyait menacé de mourir de faim. En passant près d’un puits, où les caravanes s’arrêtent, il aperçoit sur le sable un petit sac de cuir ; il le ramasse “Dieu soit béni, dit-il, c’est je crois, un peu de farine.” Il se hâte d’ouvrir le sac mais à la vue de ce qu’il contenait, il s’écrit “Que je suis malheureux ! Ce n’est que de la poudre d’or !

Silence

Rose blanche

rose blanche

Le dieu du Silence était représenté sous la forme d’un jeune homme demi-nu, tenant un doigt sur la bouche, et ayant une Rose blanche dans l’autre main ; on dit que l’Amour lui avait donné cette rose pour l’engager à lui être favorable. Les anciens sculptaient une rose sur la porte de la salle des festins pour prévenir les convives qu’ils ne devaient rien répéter de tout ce qui s’y disait.

Simplicité

Une rose

rose

La simplicité embellit la beauté même et sert de voile à la laideur. Clémence Isaure, qui institua les jeux floraux, voulut que le prix de l’éloquence fût une Rose simple.

Solitude

Bruyère

bruyère

La bruyère est symbole de solitude mais elle peut être vue comme un symbole positif. Grâce à la solitude, on peut passer du temps à réfléchir pour et sûr soi-même. En étant seul, on repense facilement aux choix pris, aux succès, aux échecs et aux leçons que l’on en a tiré. Il ne s’agit pas de ruminer dans son coin, mais d’apprendre à mieux se connaître. Un bouquet de bruyère se prête donc parfaitement aux pièces comme la chambre, la salle de bain ou le bureau, qui sont des lieux où l’on peut se retrouver facilement..!

Sommeil

Pavot blanc

pavot

On exprime de la graine du Pavot blanc une huile sans saveur qui calme les sens et provoque le sommeil.

Ta présence me ranime

Romarin

romarin

L’eau de la reine de Hongrie est faite avec le Romarin, cette eau ranime les esprits et dissipe les vertiges et les défaillances.

Tu es brillant.e !

Renoncule

renoncule

C’est au commencement du printemps qu’on voit l’éblouissante Renoncule développer dans nos jardins ses fleurs variées, lustrées, éclatantes de mille couleurs, brillantes de mille attraits. Aucune autre plante n’offre aux amateurs des variétés aussi piquantes et un aussi riche coup d’œil.

Tu es parfait.e

Ananas

ananas

Le fruit de l’Ananas, environné de ses belles feuilles, et surmonté d’une couronne qui sert à le reproduire, ressemble à une pomme de pin sculptée dans une masse d’or pâle ; il est si beau qu’il semble fait pour le plaisir des yeux, si délicieux qu’il réunit les saveurs variées de nos meilleurs fruits, et si odorant, qu’on le cultiverait pour ses seuls parfums.

Vitalité

Pivoine

pivoine

En Occident, pendant longtemps la pivoine était symbole de honte, du fait d’une légende grecque. La Nymphe Péone avait en effet enfreins les lois de la pudeur des dieux. Elle était ainsi courtisée par de nombreux dieux mais fut puni pour cela et transformée en pivoine rouge, en symbole de honte. D’où l’expression que l’on connaît aujourd’hui « être rouge comme une pivoine »…

Cependant, c’est toujours dans cette même mythologie grecque qu’on retrouve les premières mentions de la pivoine. Malgré cette ambivalence entre les Dieux de l’Olympes et la pivoine, dans l’Odyssée de Homer, la pivoine serait dédiée à Péon. L’un des plus anciens médecins des dieux grecs, qui utilisa la fleur pour soigner Hadès le dieux des Enfers, et Ares le dieux de la Guerre, de leurs blessures mortelles de guerre.

Parti de cette légende, au XIVème siècle en Europe, on donnait à la pivoine des propriétés magiques ! Les graines de pivoines étaient infusées et préparées en hydromel à boire le soir avant le couché car on lui appropriait le pouvoir d’éloigner les cauchemars. On faisait également des colliers de ses graines que l’on pouvait porter en guise talisman pour se protéger des mauvais esprits, des intempéries ainsi que des maladies..!

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